Time to play the game.

Algarotti rend un hommage particulier à un gentilhomme vénitien, Francesco Algarotti (1712-1764). Surnommé le « Cygne de Padoue » par Voltaire, le Comte Algarotti était le chantre de la culture artistique vénitienne. Ses conseils avisés en matière d’art lui valurent la reconnaissance des artistes, philosophes et princes de son temps. C’est également un hommage au XVIIIe siècle, siècle de la réhabilitation de l’humain, siècle de la volonté éclairée. Bref le siècle qui a vu l’invention de la liberté comme l’a très bien expliqué un historien des idées. C’est aussi le siècle qui a connu un essor sans précédent de l’art et de son marché. Reconnue partout et par tous, la création artistique était façonnée par les goûts de ses commanditaires et les enjeux qu’impliquait sa possession. Certes le contexte et les protagonistes diffèrent quelque peu aujourd’hui mais le schéma demeure à peu près intact. En somme, l’histoire continue…

Soumaya Larif, je suis à l’origine d’Algarotti. Doublement diplômée d’histoire de l’art et de management stratégique, je n’ai jamais su trancher entre l’érudition et le business. C’est ma dichotomie, mon tout en un ; point de paradoxes, seulement des continuums. Férue d’abstraction intellectuelle et curieuse, je n’en demeure pas moins obsédée par l’efficacité et refuse le gâchis d’énergie et de temps. Ma tendance à snober ce qui est s’explique par mon attrait pour ce qui pourrait être. Et malgré ma propension à capter rapidement les grandes lignes, le détail demeure un maitre tyrannique.

L’idée d’entreprendre ne m’était pas tout à fait étrangère. Cependant elle n’était qu’un désir refoulé, un sfumato malgré un besoin viscéral de liberté doublé de la certitude de devoir « faire du soleil au lieu de chercher de la place ». Ce n’était donc qu’une question de temps. Tel un électron libre, j’ai exploré les mondes de l’art multipliant les approches, profanant règles et usages. Cela n’a pas assuré systématiquement ma popularité mais m’a permis de devenir ce que je suis et d’en rester à l’écoute sans interférence, ni parasite. J’ai tenté ma chance dans l’univers captivant de la fonction publique mais en vain. Néanmoins après un passage dans le plus grand musée du monde, j’ai vite compris que savoir perdre était un des secrets de la réussite. J’ai travaillé dans le marché sclérosé des galeries avant de passer à celui de l’investissement artistique et me heurter aux limites de cette pratique. J’ai profité de ces errances pour nouer des contacts de qualité qui sont aujourd’hui des alliés précieux. Mon parcours a été également parsemé de mauvaises rencontres. Prédateurs et pilleurs m’ont montré la voie du trésor et pour cela je ne les remercierai jamais assez.

Finalement, je dois admettre que le temps a bien œuvré pour moi et j’en suis arrivée à « Algarotti », l’autre histoire que je me devais d’écrire.  

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